Djerba : "Dis moi dix mots pour la planète"
J'ai eu envie moi aussi de participer à ce défi "Dis moi dix mots pour la planète" en parlant de Djerba et en utilisant les fameux 10 mots préconisés.
Djerba, vous le savez et chacun s'accorde à le dire, est un petit paradis.
Certes, cela est bien vrai et je m'en réjouis chaque jour au réveil mais comme tout biome de notre monde actuel, il semble courir à sa perte et peut être plus vite que prévu.
Les palmeraies ne sont plus ce qu'elles étaient et combien de palmiers ne présentent plus qu'un tronc déplumé ! et de cette canopée que voit-on ? un paysage désertique où le vivant semble absent. Certes l'hiver quelques oiseaux s'y cachent mais sous le soleil brûlant d'été plus rien ne s'agite, seuls quelques rares papillons s'obstinent à butiner des plantes halophytes qui s'accrochent à la terre.
Dans ce qui était le jardin de Djerba, là où l'eau douce parvenait à irriguer les cultures, on ne glane plus grand chose, les jardins ont cédé le pas, on ne les débrousse plus. Ils sont trop souvent laissés à l'abandon, le tourisme étant plus rentable que l'agriculture.
L'eau douce d'ailleurs existe-t-elle à Djerba ? La grande usine de dessalement de l'eau de mer (celle qui rejette dans la mer ses déchets) est souvent en entretien dès que la houle est trop forte. Et les habitants en subissent les coupures inopinées. Et que dire de ces piscines qui fleurissent partout dans des locations pour touristes proposées à des prix hors du commun ?
Quant aux côtes elles s'érodent à qui mieux mieux, doucement mais sûrement, la mer avance et grignote inexorablement les plages. Les hôtels sur la zone touristique le savent bien. Certains ne sont déjà plus que des ruines. Et pourtant on continue de construire des palaces ...
Bien sûr il y a des zones protégées, ces zones humides favorables à la biodiversité ( les RAMSAR régies par un traité international ) mais qui s'en soucie à part les associations de citoyens ?
Une enquête judiciaire vient de prendre fin en 2025 , elle n'a pas fait la une de la presse nationale. Mais c'est un scandale , un peu vite étouffé qui a conduit des fonctionnaires en prison alors que le propriétaire du Centre des Arts construit sur 2000 hectares de zone humide , grâce à ses appuis, a pu inaugurer en 2022 et en grandes pompes ce "centre culturel" qui a dû coûter des sommes colossales.
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Et puis ne parlons pas de ce nouveau méga projet touristique du nom de "Lella Hadhria" situé sur la zone sensible et archéologique du même nom plus connue sous l'appellation de la lagune, un des plus beau point de vue de Djerba. 6500 lits, une Marina, des espaces de loisirs et un golf !!!! Les maquettes donnent envie de vomir. Les associations environnementales djerbiennes ainsi que la Municipalité de Midoun sont vent debout contre ce projet.
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Oui que d'empreintes néfastes et négatives du genre humain !
Et pourquoi ne profite-t-on pas du soleil qui inonde le pays ? de cette énergie solaire qui pourrait revivifier l'île ? apporter un éclairage à moindre coût alors que les coupures d'électricité sont monnaie courante ?
Les édiles ne sont hélas pas conséconscients des décisions qu'ils prennent à l'emporte pièce ...
... alors que restera-t-il de notre belle île de Djerba que chantait déjà Homère dans l'Antiquité ? les secousses méditerranéennes se multiplient et les zones côtières sont elles vouées à être inexorablement grignotées jusqu'au tsunami final ?
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